Qu’est-ce que la communication interpersonnelle?
La communication interpersonnelle désigne l’échange d’informations, d’idées et d’émotions entre deux personnes ou plus, au moyen de signaux verbaux et non verbaux. Dans le milieu professionnel, elle prend la forme d’une conversation visant à transmettre, expliquer, reformuler ou partager des messages selon l’objectif du moment.
Son efficacité repose autant sur les mots choisis que sur l’écoute, l’attitude, et même la connaissance de soi, qui influence la manière d’interagir avec les autres. Les échanges peuvent passer par la parole, le non-verbal ou des outils technologiques, ce qui exige un cadre clair et une ambiance propice à la compréhension mutuelle. Lorsqu’ils sont de qualité, ils instaurent naturellement un climat de confiance et facilitent la collaboration au quotidien.
Quels sont les avantages à améliorer la communication interpersonnelle?
Une excellente maîtrise de la communication interpersonnelle permet de :
- Faire passer vos idées de façon efficace et encadrer votre équipe de manière plus constructive.
- Instaurer un climat de confiance qui incite vos collègues à collaborer davantage.
- Développer son assertivité et gagner en aisance relationnelle.
- Convaincre plus rapidement et faire passer un message efficacement.
- Apaiser les tensions et gérer les conflits adéquatement.
- Mieux gérer les changements et les résistances.
- Anticiper les conflits potentiels grâce à l’intelligence émotionnelle.
Les 5 principes fondamentaux de la communication interpersonnelle
L’analyse menée par l’École de Palo Alto et les travaux de Paul Watzlawick mettent en lumière cinq principes clés qui permettent de mieux comprendre les défis de la communication interpersonnelle.
1. On ne peut pas ne pas communiquer
N’importe quel comportement est une forme de communication (même ce que l’on considère de la non communication!) et il est impossible de ne pas avoir de comportement. On distingue alors trois principaux types de communication :
- Verbale : les mots choisis et les phrases employées pour s’exprimer. Elle représente seulement 7 % du message transmis au récepteur.
- Non verbale : l’aspect extérieur, le comportement spatial, la gestuelle, le visage et les expressions faciales. Elle représente 55 % du message transmis au récepteur.
- Paraverbale : l’intonation de la voix, le rythme, le volume, le débit de parole, l’intensité et le timbre. Elle représente 38 % du message transmis au récepteur.
2. Toute communication a deux aspects : le contenu et la relation
On distingue deux facettes de la communication interpersonnelle : le contenu et la relation. Le contenu de la communication correspond au message transmis par l’émetteur au récepteur, tandis que la relation correspond à la manière dont le message est perçu par le récepteur.
Lorsque la priorité est donnée au contenu, on parle d’une relation saine dans laquelle l’information est transmise avec fluidité. Lorsque la relation rejette le contenu à l’arrière-plan, on parle d’une relation perturbée qui donnera lieu à des frictions.
3. La ponctuation des communications définit la nature de la relation
Chaque individu décide de mettre fin à ses échanges interpersonnels d’une manière différente selon sa culture, sa personnalité, ses expériences professionnelles, sa position hiérarchique et son ancienneté dans l’organisation.
Il est ainsi primordial de méta-communiquer : c’est-à-dire prendre de la hauteur sur l’interaction et observer la relation ainsi que les différents signes non verbaux émis. Il sera alors plus facile de comprendre les intentions de l’interlocuteur.
4. La communication est à la fois digitale et analogique
La communication interpersonnelle est structurée par deux modes :
- La communication digitale : elle utilise des codes précis et structurés comme le langage verbal. Chaque mot a un sens défini et suit des règles grammaticales claires. Par exemple, dire « Oui » ou « Non » transmet une information sans ambiguïté.
- La communication analogique : elle repose sur tous les éléments non codifiés comme les gestes, images, comportements, intonations et bruits. Elle est plus intuitive et subjective, sujette à interprétation. Par exemple, un sourire ou un froncement de sourcils accompagnant les mots peut en changer complètement le sens.
5. Toute interaction est symétrique ou complémentaire
La communication symétrique se caractérise par une parité de position entre les interlocuteurs. Lors d’un échange avec un collègue, chaque individu doit se positionner à égalité avec son interlocuteur, permettant ainsi un échange équilibré où chaque communicateur peut s’exprimer d’égal à égal.
La communication complémentaire implique une différence de statut (position hiérarchique, âge, ancienneté, position sociale ou niveau de compétences). Les interlocuteurs sont alors en position haute ou basse, et il est fondamental que chacun reconnaisse et accepte son positionnement.
Les 6 éléments de la communication interpersonnelle
La communication interpersonnelle repose sur six éléments essentiels qui structurent chaque interaction dans le milieu professionnel.
L’émetteur
Il s’agit de la personne qui initie l’échange et transforme ses pensées en messages verbaux ou non verbaux. La qualité du message dépend en grande partie de sa capacité à formuler clairement ses idées.
Le récepteur
C’est la personne qui reçoit, interprète et analyse le message transmis. Son rôle implique un travail d’interprétation qui nécessite une bonne écoute pour éviter les malentendus.
Le support
Il représente le canal utilisé pour communiquer : conversation en personne, courriel, messagerie interne ou visioconférence. Le choix du support varie selon le contexte et influence directement la clarté de l’échange.
Le codage
Le codage correspond à la façon dont l’émetteur convertit son idée en mots, gestes ou signaux. Ce processus peut être perturbé par des éléments externes comme le bruit ou le stress.
Le décodage
Le décodage désigne l’interprétation que fait le récepteur du message reçu. Comme il est influencé par les perceptions individuelles, il peut entraîner des écarts entre l’intention et la compréhension réelle.
La rétroaction
La rétroaction est la réponse donnée par le récepteur. Elle confirme, nuance ou corrige la compréhension du message et permet d’ajuster la communication en temps réel.
Les différents types de communication
Communication écrite
La communication écrite est primordiale en entreprise. Vos habiletés de rédaction doivent être solides, tant pour le contenu que le contenant, incluant l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la mise en page. Les occasions de communiquer par écrit sont nombreuses : documents officiels, campagnes publicitaires et propositions commerciales.
Communication orale et débit
La communication verbale représente l’emploi de mots pour transmettre un message. Le débit, c’est-à-dire la vitesse d’élocution, joue un rôle crucial dans la compréhension. Une articulation claire et un rythme adapté facilitent l’échange et permettent de mieux partager ses points de vue.
Communication non verbale et mimique
La communication non verbale comprend tous les éléments qui émanent du corps en dehors de la parole : les gestes, la posture, le regard, la mimique et les expressions faciales. Cette forme de communication peut parfois déformer le message initial si elle n’est pas alignée avec le discours verbal.
Communication paraverbale
Le para-verbal réfère aux éléments qui accompagnent le discours : l’intonation, le rythme, la modulation de la voix et les pauses. Il s’agit de tout ce qui habille les mots et les rend plus vivants.
Communication visuelle
La communication visuelle s’applique aux illustrations, logos et créations graphiques. Elle se base sur l’équilibre de la mise en page, le choix d’une typographie appropriée, l’alignement du texte et le choix des couleurs.
Les 10 compétences indispensables d’une bonne communication interpersonnelle
Les employeurs estiment que les compétences relationnelles sont tout aussi importantes que les compétences techniques. Voici les 10 compétences clés :
- La communication : l’expression orale, la capacité à parler, l’expression écrite, les présentations, l’écoute.
- La courtoisie : les bonnes manières, le savoir-vivre, le respect des protocoles professionnels.
- La flexibilité : la souplesse, la volonté d’évoluer et d’apprendre sans cesse.
- L’intégrité : l’honnêteté, l’éthique, la moralité, les valeurs personnelles.
- Les compétences interpersonnelles : la gentillesse, l’amabilité, l’empathie.
- L’attitude : l’optimisme, l’enthousiasme, la motivation, la confiance.
- Le professionnalisme : le sérieux, le calme.
- La responsabilité : la fiabilité, l’autonomie, le bon sens.
- Le travail d’équipe : la bonne entente avec les autres, la collaboration.
- L’éthique de travail : l’implication, la loyauté, l’esprit d’initiative.
Comment développer ses compétences en communication interpersonnelle
Pour avoir des aptitudes communicationnelles efficaces, il faut développer ses compétences dans plusieurs domaines essentiels. Les entreprises qui investissent dans la formation et la gestion des compétences constatent souvent une amélioration notable du bien-être au travail et de la productivité. Voici quelques compétences à développer.
Écoute active
L’écoute active consiste à reformuler les propos de l’interlocuteur, poser des questions et vérifier la compréhension. Elle s’appuie aussi sur le non verbal, comme les gestes qui encouragent l’autre à poursuivre. Une bonne écoute renforce naturellement la confiance et la qualité des échanges.e.
Assertivité
L’assertivité permet d’exprimer ses idées de manière claire et respectueuse, sans passivité ni agressivité. Elle aide chacun à trouver sa place dans la conversation et incite les collègues à s’exprimer à leur tour.
Cohérence
La cohérence renvoie à l’alignement entre mots, ton et langage corporel. Une communication fluide repose sur l’harmonie entre verbal, paraverbal et non verbal, ce qui réduit les malentendus.
Intelligence émotionnelle
L’intelligence émotionnelle influence directement la qualité des relations dans le milieu professionnel. Elle englobe la capacité à reconnaître, comprendre et gérer ses émotions, tout en percevant celles des autres. Cette compétence permet d’apaiser les frictions, d’adopter le bon point de vue et de créer des échanges plus empathiques et constructifs.
La méthode DESC pour fluidifier votre communication interpersonnelle
La méthode DESC (décrire, exprimer, spécifier, conclure), permet de traiter des situations délicates comme gérer un conflit entre collègues ou exprimer son désaccord. Posez les faits de manière objective, utilisez la première personne « je » pour partager votre ressenti, proposez une solution concrète et ponctuez l’échange de manière positive.
Quels sont les impacts de la communication interpersonnelle sur la productivité et le bien-être?
Une communication interpersonnelle de qualité facilite la collaboration, réduit les erreurs et favorise l’engagement. Elle a donc un impact direct et mesurable sur les résultats organisationnels.
En instaurant un climat de confiance, chaque communicateur contribue à des échanges clairs, respectueux et productifs. Cela facilite la résolution des conflits, renforce la motivation et permet d’atteindre plus facilement les objectifs fixés. Pour les gestionnaires, une communication adaptée est également une compétence essentielle pour guider les équipes, soutenir l’innovation et créer un environnement propice à la réussite collective.
Base de toute relation humaine au travail, la communication interpersonnelle influence autant le bien-être que la performance. Développer ses compétences communicationnelles permet ainsi de bâtir un environnement de travail plus harmonieux, efficace et collaboratif.
Communication interpersonnelle et télétravail
Le télétravail a transformé la manière dont les équipes échangent, en faisant disparaître une grande partie du langage non verbal, un élément qui représente près de 55 % du message transmis.
Cette transition a créé de nouveaux défis. Selon une étude de l’IFOP pour Julhiet Sterwen (2023), 36 % des collaborateurs et gestionnaires en télétravail perçoivent des lacunes dans leurs interactions interpersonnelles et 30 % ressentent un isolement social, signe d’un milieu professionnel en plein changement.
La visioconférence joue désormais une part importante dans la communication interne des organisations.
Certains indices non verbaux persistent (posture, distance avec la caméra, gestes, mouvements de tête, regard, expressions faciales) mais ils exigent davantage d’attention pour être correctement interprétés.