Le 8 mars, c’est la Journée internationale des femmes, un moment pour célébrer non seulement les réalisations des femmes sur le plan social, économique, culturel et politique, mais aussi pour réfléchir à l’égalité entre les genres et pour militer pour des progrès.

Il est indéniable qu’un écart entre les genres persiste au sein de la main-d’œuvre, quels que soient le secteur et le pays, et le Canada ne fait pas exception à la règle. Malgré les progrès importants réalisés au cours des dernières décennies, il reste encore des obstacles à surmonter. Les femmes canadiennes gagnent aujourd’hui seulement 90 cents pour chaque dollar gagné par un homme.

Pour mieux comprendre les inégalités qui existent en milieu de travail, Indeed a récemment interrogé plus de 14 500 personnes qui s’identifient comme femmes dans 11 pays. Dans cet article, nous présentons plus en détail les conclusions canadiennes du rapport mondial, et nous proposons des ressources pour aider les employeurs à continuer à éliminer les obstacles pour les femmes en milieu de travail.

Salaire et rémunération

Écart salarial

Comme la plupart des femmes dans le monde, la majorité des femmes canadiennes conviennent que le salaire est un aspect important lorsqu’elles recherchent un emploi (86 %). Son importance varie toutefois en fonction de l’âge, de l’emplacement et de l’ancienneté.

À mesure que les femmes vieillissent, l’importance du salaire augmente – 91 % des femmes de 55 à 64 ans considèrent qu’il s’agit d’un aspect important d’un poste, contre 80 % des femmes de 18 à 24 ans.

Les femmes situées dans les provinces atlantiques accordent également plus d’importance au salaire, 93 % d’entre elles convenant que c’est un aspect important lorsqu’elles recherchent un emploi, contre 84 % au Québec et 87 % en Ontario et dans l’ouest du Canada.

Enfin, plus une femme a d’ancienneté dans son poste, moins elle accorde d’importance au salaire; 88 % des gestionnaires et des superviseures et 89 % des directrices principales considèrent que le salaire est important dans un poste, contre 76 % des membres de la haute direction.

Malgré l’importance du salaire pour les femmes canadiennes, près des deux tiers d’entre elles (65 %) estiment qu’elles ne sont pas suffisamment payées dans leur poste actuel – en particulier celles des provinces atlantiques (78 %). Ce résultat est presque 10 % plus élevé que la moyenne mondiale. Même si nous avons réalisé des progrès pour combler l’écart salarial, ces conclusions démontrent qu’il reste encore du travail à faire, ce que confirment nos répondantes. Seulement 15 % des femmes canadiennes sont satisfaites des mesures prises par notre pays pour combler l’écart salarial lié au genre.

La transparence en matière de salaire est essentielle pour combler l’écart salarial lié au genre, pas seulement au Canada, mais aussi à l’échelle mondiale, et les employeurs sont encouragés à être ouverts à divulguer la structure salariale au sein de leur organisation et à l’inclure dans leurs offres d’emploi.

Augmentations de salaire

Il n’est pas facile de demander une augmentation – près de la moitié (40 %) des femmes canadiennes ne sont pas à l’aise de le faire. Ce pourcentage est légèrement plus élevé dans les provinces atlantiques (45 %) et est le plus faible au Québec (34 %). Les femmes de la génération du millénaire, de la Génération X et de celle des baby-boomers (41 %) éprouvent toutes le même niveau d’inconfort, alors que les répondantes de la Génération Z se sentent légèrement plus à l’aise (38 %). Il n’est pas étonnant que les femmes faisant partie de la haute direction ou occupant des postes de directrices soient celles qui se sentent le plus à l’aise de demander une augmentation (30 %), alors que celles occupant des postes de gestionnaires ou de superviseures se sentent le moins à l’aise (45 %). Quand on leur en demande la raison, 30 % des femmes mentionnent un manque de confiance en elles, alors que 27 % invoquent la crainte de conséquences négatives.

Toutefois, les résultats de notre étude révèlent que les femmes devraient demander des augmentations lorsqu’elles le méritent, puisque 75 % de celles qui l’ont fait en ont obtenu une, sous une forme ou une autre. C’est particulièrement vrai pour les femmes du Québec et celles de la Génération Z – 81 % de celles qui ont demandé une augmentation en ont reçu une, sous une forme ou une autre.

L’une des principales façons de combattre l’insatisfaction relative au salaire et à l’écart salarial est de mettre en œuvre une plus grande transparence au sein de l’organisation et dans les offres d’emploi. Indeed offre des articles pertinents à ce sujet, qui peuvent fournir de l’information sur les avantages de la transparence en matière de salaire pour aider les femmes à recevoir la rémunération qu’elles méritent.

Avancement professionnel

Pour plus de la moitié des femmes canadiennes (57 %), les occasions de promotion sont un aspect important lorsqu’elles recherchent un emploi. Et, comme pour plusieurs autres aspects, elles perçoivent une inégalité liée au genre en ce qui a trait à l’avancement professionnel. À peine moins des deux tiers (64 %) des femmes canadiennes croient qu’elles doivent travailler plus fort que les hommes pour que leurs réalisations soient reconnues. C’est particulièrement vrai pour les femmes de 18 à 24 ans (49 %). Celles qui le croient attribuent ce déséquilibre au sexisme ou à des biais inconscients dans la société et dans leurs entreprises (65 %).

À peine plus du tiers des femmes sont à l’aise pour demander une promotion dans leur poste actuel (38 %). Ce pourcentage est à peu près égal dans toutes les régions et pour tous les groupes d’âge. Toutefois, à mesure que les femmes progressent dans leur carrière pour atteindre un poste de direction, leur niveau de confort semble augmenter – 55 % des femmes entre le niveau de directrice et la haute direction sont à l’aise de demander une promotion.

En matière de promotions, il y a une lueur d’espoir – plus de la moitié des femmes croient que leur entreprise réussit bien en matière de promotion des femmes à des postes de direction, par rapport aux hommes. Ce pourcentage est le plus élevé chez les répondantes de la Génération Z (64 %) et celles qui occupent des postes de niveau plus élevé (65 % pour la haute direction, 66 % pour le niveau de directrice).

Vous pourriez formaliser le processus et les lignes directrices en matière de promotion pour assurer un processus plus juste et équitable. Indeed offre également des ressources sur des sujets tels que les pratiques gagnantes en matière de politique relative aux promotions, et des plans de développement professionnels pour aider les femmes et les autres employés à atteindre leurs objectifs.

Bien-être, soutien et sentiment d’appartenance

Bien-être

Le niveau de harcèlement auquel sont confrontées les femmes en milieu de travail est particulièrement important au Canada. Près de la moitié (41 %) des répondantes déclare avoir été victime de harcèlement au travail, un résultat qui surpasse la moyenne mondiale de plus de 10 % (30 %). Ce pourcentage est encore plus élevé pour les femmes de l’ouest du pays, où près de la moitié (47 %) déclare avoir vécu du harcèlement en milieu de travail.

Soutien

Le pourcentage de femmes au Canada qui sont confrontées à des problèmes de santé mentale est plus élevé que la moyenne mondiale. Seulement 30 % des répondantes au Canada déclarent n’avoir jamais vécu de problèmes de santé mentale, par rapport à la moyenne mondiale de 45 %. En fait, une femme sur quatre au Canada vit actuellement des problèmes de santé mentale. Ce nombre est plus important pour celles des provinces atlantiques (30 %), et moins important pour celles du Québec (16 %). Heureusement, les femmes du Canada se sentent suffisamment à l’aise pour parler de leurs problèmes de santé mentale avec leur gestionnaire (52 % par rapport à la moyenne mondiale de 45 %).

Sentiment d’appartenance

La diversité, l’équité, l’inclusion et l’appartenance (DEIA+) sont des éléments essentiels dans tout milieu de travail. Quatre-vingt-sept pour cent des femmes canadiennes affirment qu’il est important de pouvoir être elles-mêmes au travail, et pourtant seulement 64 % sont satisfaites dans ce domaine – les femmes des provinces atlantiques sont les plus susceptibles d’être satisfaites (72 %), alors que celles de l’Ontario le sont le moins (60 %). Comme leurs consœurs du monde entier, plus des deux tiers (39 %) des femmes canadiennes croient que la formation sur les biais inconscients est la façon la plus efficace de créer un milieu de travail accueillant pour les femmes (contre 36 % à l’échelle mondiale). Cette mesure est suivie de près par les programmes de mentorat (35 % contre 26 % à l’échelle mondiale).

Un milieu de travail sain est un endroit dans lequel les employés et leurs dirigeants travaillent activement à créer un environnement accueillant, qui fait la promotion de la santé, de la sécurité et du bien-être de tous les employés et qui les protège. Le rapport sur le bien-être au travail d’Indeed fournit de l’information sur ce que les chercheurs d’emploi canadiens considèrent comme important afin d’aider les employeurs à améliorer leurs pratiques organisationnelles. Les chercheurs d’emploi peuvent également utiliser le pointage de bien-être au travail d’Indeed pour évaluer la culture d’une entreprise.

Perspectives d’avenir

Notre rapport démontre qu’il reste encore du travail à faire pour régler les inégalités auxquelles les femmes canadiennes sont confrontées en milieu de travail. Les employeurs ont une occasion privilégiée d’appuyer et de promouvoir les femmes dans le monde du travail en améliorant leurs politiques et leurs systèmes de soutien. En cette Journée internationale des femmes et par la suite, engageons-nous à créer des milieux de travail équitables – parce que quand les employées ont l’occasion de gagner, tout le monde y gagne.