L’âgisme : tout connaître sur cette forme de discrimination

Mis à jour le 10 avril 2023

L'âgisme est une nouvelle forme de discrimination liée à l'âge. Les personnes peuvent être victimes de préjugés qu'elles soient considérées comme trop « jeunes » ou trop « vieilles » et peuvent donc éprouver des difficultés dans le monde du travail. Mais que représente l'âgisme aujourd'hui et comment cela peut affecter la recherche d'un emploi ?
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Quelle est la définition de l'âgisme ?

Ce terme représente toutes les formes de discrimination, de mépris et de préjugé fondés sur l'âge. L'âgisme est une différentiation très répandue et surtout de plus en plus médiatisée. Pourtant, c'est aux États-Unis en 1969 que ce terme est utilisé pour la première fois par le gérontologue Robert Butler. À l'époque, l'âgisme faisait référence à une discrimination qui touchait uniquement les personnes âgées alors que de nos jours, il est employé pour toutes les personnes qui en sont victimes quel que soit leur âge.En effet, de nombreux jeunes peuvent être touchés par l'âgisme, car ils vont être considérés comme, inexpérimentés, insouciants et non sérieux. Mais avec le vieillissement de la population et l'augmentation de l'espérance de vie, de nombreuses études montrent que la jeunesse est de plus en plus valorisée et que les principales victimes de l'âgisme restent, malheureusement, les personnes dites âgées.À noter que les femmes ont plus de risques d'être touchées par l'âgisme. Par exemple, dès qu'elles sont en âge de travailler, on va estimer qu'elles peuvent à tout moment vouloir des enfants ce qui aurait des conséquences sur leur travail. Ceci est purement discriminatoire et répréhensible par la loi. On remarque aussi qu'en fonction de leur âge, leur image, leur apparence et leur tenue, elles seront plus scrutées ou contrôlées pour répondre à des attentes motivées par des préjugés.

L'âgisme n'est pas le jeunisme

Pour comprendre l'âgisme, il est nécessaire de ne pas le confondre avec un autre terme très répandu : le jeunisme. Ce dernier définit une préférence assumée pour les plus jeunes, fondée sur l'âge et non sur l'apparence, dans le secteur du travail. Le but étant de créer une dynamique, fraîche et active. Un avantage pour les plus jeunes, mais qui favorise une opposition entre les différentes classes d'âge et surtout qui révèle que la discrimination liée à l'âge est un problème sociétal bien réel.C'est pourquoi, il faut bien distinguer l'âgisme du jeunisme. L'un représente une réelle discrimination et l'autre une discrimination dite « positive » voire un véritable bénéfice. Enfin, contrairement au jeunisme, l'âgisme est puni par la loi et constitue une circonstance aggravante dans des cas d'offense de nature criminelle. L'article 718.2 (a)(i) du Code Criminel, stipule que les circonstances aggravantes sont « des éléments de preuve établissant : que l'infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondées sur des facteurs tels que... l'âge ».

L'âgisme aujourd'hui

Nous sommes actuellement à l'ère de l'âgisme dit « contemporain » et celui-ci se manifeste de différentes manières en fonction du secteur dans lequel vous travaillez ou vous souhaitez travailler. Il est important de connaître la réalité du terrain pour mieux comprendre et contrer les préjugés auxquels vous serez confrontés.

L'âgisme dans les métiers liés à l'image

La discrimination liée à l'âge est bien évidemment associée à votre allure et à votre image. Si vous travaillez dans des secteurs où vous devez être sur le devant de la scène, vous exposer ou utiliser votre image, vous risquez d'être victime de l'âgisme et de ces différentes dérives. Ces secteurs peuvent être : les médias, la culture, la publicité, la communication, le marketing, l'accueil ou encore le commerce.Les préjugés peuvent être très variés par exemple, les personnes trop jeunes ne peuvent pas parler d'un sujet sérieux sinon ça ne sera pas crédible ou alors on ne peut pas demander à une personne trop âgée de présenter une marque ou produit novateur, car il y aura un décalage. Il existe pléthore d'autres exemples, mais sachez que l'on va souvent exiger que votre apparence et votre âge soient cohérents avec le sujet que vous représentez.L'âgisme est avant tout une problématique en lien avec l'image, le physique et le corps. On exige que notre apparence remplisse tous les critères prédéfinis par notre société et notre culture.

Dans les métiers du numérique

Le secteur du numérique est porteur de grandes discriminations, mais surtout d'une profonde scission entre les classes d'âge junior et senior. En effet, les grandes avancées technologiques ont provoqué un fossé entre ceux qui maîtrisent les différents outils et ceux qui, malheureusement, ne les comprennent pas.Si vous faites partie des jeunes générations, vous avez eu la chance de naître ou de voir naître les ordinateurs, l'internet, les téléphones portables ou les réseaux sociaux. Vous les utilisez donc de manière instinctive, naturelle et cela sera un véritable atout dans le monde du travail. Vous ne serez donc probablement pas victime de préjugés car l'employeur estimera que vous savez appréhender les différents outils numériques, surtout si vous avez obtenu les diplômes nécessaires.En revanche, si vous êtes un adulte actif depuis des années ou un senior, vos compétences dans le secteur du numérique seront probablement remises en doute. En effet, de nombreux employeurs ou collaborateurs estiment que vous faites partie des gens qui ont des faibles capacités d'apprentissage dans le domaine du digital, mais aussi que votre maîtrise n'est pas innée donc moins naturelle et maîtrisée. Ce problème est très fréquent et se nomme la fracture numérique ou « l'âgisme numérique » selon la chercheuse Kim Sawchuk.

Dans les métiers manuels

Ces métiers touchent de nombreux secteurs comme ceux du bâtiment, de la restauration, de l'esthétique ou de la mécanique. Ils font appel à vos capacités intellectuelles, mais surtout techniques. Pour cela, il faut être en pleine possession de ses moyens afin d'accomplir une tâche minutieuse, ardu et parfois éreintante. Là encore, vous pouvez être confronté à l'âgisme.Si un employeur estime que vous êtes trop âgé, il pensera que vous n'êtes plus assez attentif, alerte ou suffisamment fort pour accomplir un travail difficile et dangereux. Le fait de prendre de l'âge est souvent synonyme d'une dégradation mentale et physique, mais surtout d'une perte de force. Là encore, c'est un préjugé très ancré et injuste, car les jeunes ne sont pas toujours endurants ou de bonne constitution.Pourtant, même si vous êtes une personne jeune et que vous remplissez tous les critères, vous allez aussi être confrontés à de nombreux préjugés. On ne remettra pas forcément en doute vos capacités physiques, mais plutôt votre professionnalisme ou votre stature. Par exemple, des futurs clients ne seront peut-être pas rassurés par votre jeune âge qui, selon eux, témoigne d'un potentiel manque d'expériences et vos collègues plus âgés auront du mal à accepter les critiques ou les ordres de leur benjamin.

Comment contrer l'âgisme pour trouver du travail ?

Si l'on résume, on se rend compte que pour ne pas subir les discriminations, il faudrait idéalement être un homme et avoir entre 30 et 45 ans, afin de ne pas être considéré comme un jeune ou un senior, mais bien comme un adulte actif. Même si vous remplissez ces critères, vous pouvez quand même être victime d'âgisme ou d'une autre forme de discrimination comme le racisme ou le validisme. Pour lutter contre ce mécanisme d'exclusion, il existe des techniques afin que votre futur employeur se concentre plus sur votre parcours que sur votre âge.

Anticipez les futurs préjugés

Vous avez désormais des clefs pour devancer les idées préconçues liées à votre âge dans votre futur métier. Mais n'hésitez pas à aller plus loin en faisant des recherches, en interrogeant votre entourage, vos (anciens) professeurs, vos maîtres de stage, vos conseillers en emploi ou peut-être vos collègues, afin de lister les préjugés auxquels vous allez potentiellement être confronté. Si vous les anticipez, il sera plus facile de les analyser, de les déconstruire, mais surtout de vous défendre dans votre CV et lors d'un entretien.

Ne mentionnez pas les dates dans votre CV

Si vous craignez d'être mis sur la touche à cause de votre âge, mettez en avant vos diplômes et surtout votre expérience sans mentionner les dates. Cela peut paraître surprenant, mais ça permettra au futur recruteur de se concentrer uniquement sur la richesse de votre parcours plutôt que sur des détails comme l'année de fréquentation d'un établissement ou la date de fin de vos études. Enfin, pour aller plus loin, ne précisez pas votre date de naissance, vos coordonnées suffisent.

Mettez l'emphase sur vos qualités

Que ce soit dans votre CV, votre lettre de motivation ou lors de votre entretien, vous devez mettre l'accent sur vos qualités humaines et sur votre vif intérêt pour le poste. Montrez que vous êtes enthousiaste à l'idée d'exercer le poste et surtout que vous êtes motivé. Chaque membre d'une entreprise a de la valeur et chacun participe à son bon développement, mais surtout à son expansion. En mettant l'emphase sur vos aptitudes et qualités, vous prouverez que vous êtes un élément unique qui veut lui aussi apporter sa pierre à l'édifice.Article connexe : Comment aborder les enjeux sociaux liés au genre et à l'origine ethnique au travail
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