La mauvaise nouvelle, c’est que les travailleuses canadiennes sont stressées, ce qui a une incidence sur le bonheur au travail, la productivité, le maintien en poste, le recrutement et la réussite de l’entreprise à long terme. La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus d’entreprises canadiennes se penchent sur la question grâce à des initiatives proactives visant à soutenir la santé mentale et le bien-être des femmes au travail.

Alors que tous les travailleurs ressentent les effets de l’incertitude économique, des défis continus découlant de la COVID-19 et des répercussions des emplois exigeants, les femmes sont touchées de façon disproportionnée. Celles-ci font face à des attentes supplémentaires en dehors de leur emploi et ces forces combinées ont une incidence sur la façon dont elles se présentent au travail, exécutent leurs tâches et accordent la priorité à de nouvelles possibilités.

Les femmes sont les principales aidantes, en plus d’être des travailleuses loyales

Ce n’est un secret pour personne que les femmes font déjà plus que leur juste part des tâches ménagères, de l’éducation des enfants et des soins aux aînés. Cependant, les chiffres sont renversants : en 2019 seulement, les Canadiennes ont consacré 820 heures de travail ménager non rémunéré*, soit 50 % de plus que les hommes. Le fait d’avoir des enfants alourdit également ce fardeau. En effet, les femmes consacrent deux fois plus d’heures à prendre soin des enfants* que les hommes. Dans le milieu du travail, les chiffres ne concordent pas non plus. Que ce soit à la maison ou ailleurs, on s’attend à ce que les femmes travaillent plus pour moins et cet écart salarial peut être encore plus grand pour les femmes de couleur*.

Les femmes sont sous-évaluées et surchargées de travail dans presque tous les aspects de leur vie, ce qui a une incidence sur leur santé mentale et leur bien-être.

Comprendre les problèmes de santé mentale de la femme

La plupart des personnes peuvent s’entendre sur le fait que la vie en général est devenue plus stressante depuis la pandémie. Entre la modification des règlements et le passage du bureau à la maison, puis de la maison au bureau, nous avons connu une période tumultueuse. Le stress au travail semble toujours inévitable. Les femmes signalent d’ailleurs le plus souvent des problèmes d’anxiété et de dépression, y compris la dépression post-partum.

Ces trois facteurs, soit le stress, l’anxiété et la dépression, peuvent avoir une incidence sur le rendement et la productivité au travail, nuire à l’apprentissage, causer l’épuisement professionnel* et entraîner le roulement des membres du personnel.

Cependant, seulement la moitié des femmes qui éprouvent des problèmes de santé mentale se sentent à l’aise d’en parler à leur gestionnaire. La plupart s’inquiètent de la réaction de leur employeur face à une telle déclaration. En effet, les gestionnaires pourraient considérer que les travailleuses seront moins en mesure d’accomplir leurs fonctions si elles partagent leurs difficultés. D’autres croient que leurs gestionnaires ne se soucient tout simplement pas de ce qu’elles ressentent au travail.

Pour les femmes, les perceptions peuvent être particulièrement importantes. Dans une culture de travail où de nombreuses femmes se sentent déjà sous-estimées* par rapport à leurs collègues masculins, il peut être difficile de faire preuve de transparence en matière de santé mentale. La plupart des femmes sont préoccupées par les préjugés inconscients, ce qui amène de nombreux gestionnaires et cadres masculins à prendre moins au sérieux les préoccupations ou les capacités des femmes. Sur le plan démographique, les personnes considèrent le sexisme et les préjugés inconscients comme les principales raisons qui empêchent une femme d’avancer dans sa carrière.

En plus du stress de la vie, de la maison, des écarts salariaux et de la pandémie, il est logique que de nombreuses femmes tentent leur chance en se trouvant un autre emploi plutôt que de risquer de divulguer des problèmes de santé mentale.

Stratégie pour soutenir les femmes en milieu de travail

Bien que cela puisse certainement être frustrant pour les employeurs aux prises avec un taux de roulement élevé, l’aspect le plus fondamental du maintien en poste des employés est le bien-être. 

Les employeurs passent parfois à côté d’une occasion lorsqu’il s’agit de prendre le bonheur au sérieux. En effet, seulement 39 % des entreprises prennent le temps d’effectuer le suivi du bien-être des employés. Pour les entreprises qui rencontrent des difficultés à trouver et à retenir des talents, le fait de tirer parti d’une note de bien-être peut être très avantageux. D’ailleurs, 87 % des travailleurs qui ont le fort sentiment que leur milieu de travail est axé sur le bien-être envisagent de conserver leur emploi au cours des 12 prochains mois.

Pour les employés, les attentes à l’égard du bonheur et du bien-être au travail augmentent. En plus du salaire, il s’agit de l’un des principaux facteurs de motivation pour commencer à chercher activement de nouvelles occasions. Cependant, une rémunération concurrentielle n’est pas suffisante à elle seule.

Les travailleuses canadiennes veulent se sentir valorisées et respectées dans leur milieu de travail. En effet, l’étude de 2023 intitulée Miser sur l’optimisme a révélé que 90 % des femmes estimaient que le fait d’être elles-mêmes au travail était important et près de la moitié d’entre elles affirmaient que l’accueil des femmes de divers milieux était extrêmement important. Dans l’ensemble, une culture de travail, une rémunération et une conciliation travail-famille adéquates constituent les principales priorités des femmes.

Prochaines étapes simples

Réalisez un sondage auprès de vos employés, mettez en place un processus de communication facile et constant pour obtenir une rétroaction continue, tirez parti des mesures de bien-être de vos talents et abordez des aspects importants comme la rémunération et la sécurité d’emploi, la conciliation travail-famille, la gestion du stress et la formation sur les préjugés inconscients. Ces mesures feront en sorte que les femmes se sentent valorisées et reconnues dans leur travail, qu’elles soient plus susceptibles de rester au sein de votre entreprise et qu’elles vous aident à attirer d’autres femmes talentueuses.