Ces dernières années, en conséquence de l’instabilité de certains secteurs économiques, le marché du travail au Canada a connu plusieurs fluctuations. Suite à la vague de chômage entraînée par la pandémie Covid-19, le pays a connu une croissance d’emploi. Les circonstances actuelles favorisent les chercheurs d’emploi, surtout ceux et celles qui possèdent des compétences recherchées. Face aux défis du marché, les employeurs adaptent leurs recherches et les qualifications requises des candidats.

Les employeurs sont en compétition dans la recherche de talents. Au Canada, certains employeurs offrent des primes de référence ou à l’embauche, des processus de recrutement raccourcis et des horaires et lieux de travail flexibles. Cependant, en conséquence d’une pénurie de main-d'œuvre, les compétences techniques et spécialisées, ou le savoir-faire, sont devenues plus rares. Indeed a mené une enquête auprès de 1 000 employeurs canadiens dans des entreprises de toutes tailles (y compris 250 au Québec) afin de cerner les tendances autour de ces compétences ainsi que l’effet du marché actuel sur leurs efforts de recrutement.

Une pénurie de main-d'œuvre amène un manque de savoir-faire

De nos jours, les Canadiens et Québécois priorisent un meilleur équilibre de vie, des opportunités de travail à distance et même des changements de carrière. Selon une enquête de la RBC*, le nombre de professionnels de métiers spécialisés qui vont prochainement partir à la retraite dépasse largement le nombre d’apprentis capables de les remplacer. Le départ de ces professionnels de divers secteurs crée un besoin dans le marché pour des compétences techniques particulières.

Les employeurs interrogés ont remarqué avoir surtout de la difficulté à recruter dans les secteurs suivants :

  • Informatique (29 %)
  • Gestion de projet (29 %)
  • Ingénierie (25 %)
  • Développement de logiciel (25 %)
  • Programmation (codage) (18 %)
  • Conception de produit (17 %)
  • Fabrication mécanique (17 %)
  • Compétences techniques quantifiables (i.e. le dessin) (17 %)
  • Construction (16 %)
  • Santé (injections, vérifications vitales, suturation, etc.) (16 %)

Parmi les répondants québécois, 26,8 % anticipent que le recrutement de ces profils deviendra plus difficile dans les prochaines années.

Ces défis forcent les employeurs à s'adapter et à rendre les opportunités plus accessibles aux chercheurs d’emploi. Avec autant d’entreprises capables de proposer un travail à distance ou hybride, le lieu de résidence du candidat n’est plus aussi important qu’avant. Cette flexibilité n’est cependant pas l’unique solution. Aujourd’hui, l’image du candidat idéal est moins restrictive, en particulier dans les secteurs de la finance, de la fabrication et des services publics.

Selon les employeurs québécois, une bonne attitude et volonté d’apprendre sont des atouts 

Le manque de savoir-faire met l’accent sur le savoir-être. Ces compétences comportementales telles que la communication, l’esprit d’équipe et la capacité de gérer la pression sont autant d'éléments qui permettent d’identifier les candidats prometteurs qui seront capables d’être formés rapidement.

Dans ce marché d’emploi tendu, la grande majorité des employeurs québécois interrogés (82,8 %) affirment qu’ils ne restreignent plus la recherche à l’expérience directe et sont ouverts à embaucher les candidats qui démontrent une volonté d’apprendre. 73 % de ces répondants pensent que ce mode de recrutement offre l’occasion de pourvoir des postes dans les secteurs en pleine croissance. En ce qui concerne les qualités de savoir-être, 53 % des employeurs québécois remarquent que les candidats actuels en ont davantage que ceux des 2-3 dernières années. 

Ces tendances nous rappellent qu’il ne faut pas limiter l’évaluation d’un candidat à ses qualifications. Les aptitudes du savoir-être – l’esprit critique, le leadership, la conscience professionnelle, la gestion du temps, le souci du détail et une attitude positive – sont de plus en plus reconnues comme étant fondamentales dans la construction d’une équipe productive et dans la réussite globale d’une entreprise.  

Les employeurs considèrent de nouvelles approches au recrutement, telle que la formation à l’interne

Même dans les secteurs techniques et pour l’embauche à des échelons supérieurs, les qualifications recherchées par les employeurs deviennent de plus en plus flexibles.

Parmi les employeurs québécois interrogés, 81 % sont ouverts à embaucher des candidats qui n’ont aucun diplôme ou certificat relié au poste à pourvoir. Encore plus d'entre eux (86 %) sont même prêts à investir dans la formation des nouvelles recrues afin qu’elles soient en mesure de combler certains rôles. Les employeurs offrent ce soutien sous forme de formations à l’interne (76 %) et d’apprentissages professionnels (41 %). 

Parmi les employeurs qui ne considèrent que les candidats avec une expérience reliée au poste, 45 % d’entre eux offrent une formation à l’interne pour leurs employés actuels afin qu’ils assument les rôles nécessaires. Offrir des promotions à des employés ayant des compétences transférables, que les employeurs connaissent déjà et en qui ils ont confiance est une solution gagnante pour tous.

Il est évident que la dynamique entre l’employé et l’employeur change. Les besoins individuels et d’entreprise évoluent constamment. Par conséquent, l’adaptation est essentielle pour tous ceux et celles qui se trouvent dans ce marché d’emploi. La marque employeur devient un puissant outil de recrutement dans un marché concurrentiel. L'utilisation de votre site Web, de vos réseaux sociaux et des plateformes tierces, telles que les Pages Entreprises d'Indeed, sont autant de moyens de transmettre la flexibilité et l'ouverture d'une organisation à divers candidats désireux d'apprendre, de parler du développement des employés (y compris la formation interne), et de souligner la façon dont elle accorde la priorité aux compétences générales et lesquelles sont nécessaires pour réussir.

Les chercheurs d’emploi sont actuellement de plus en plus rares et plus exigeants envers leurs employeurs actuels et potentiels; les entreprises doivent donc rester flexibles dans leurs stratégies de recrutement et ouvertes aux qualités intrinsèques des candidats. Cette évolution offre également l’avantage de diversifier le bassin de talents et de rendre les entreprises plus agiles. 

*Article en anglais

Méthodologie

Menée par Censuswide et mandatée par Indeed, cette enquête est la synthèse des réponses de 1 000 employeurs au Canada chez des entreprises de toutes tailles (250 au Québec) qui sont responsables du recrutement de nouveaux candidats. L’enquête s’est déroulée en mai 2022. L’intervalle de confiance est de +/-3.1%, avec un niveau de confiance de 95 %.